Aoi Matsuri

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L'Aoi Matsuri (葵祭) ou Kamo Matsuri fait partie des trois grands festivals de Kyôto et se déroule chaque année le 15 mai.

L'évènement trouve son origine sous le règne de l'Empereur Kinmei (539-571) au cours du quel un automne particulièrement pluvieux et venteux réduisit les récoltes de céréales à néant. La catastrophe, renforcée par les nombreuses épidémies et famines qui decimèrent la population, est considérée comme une malédiction divine par les oracles des sanctuaires Kamo. L'empereur y envoie alors un messager accompagné d'un cortège comprenant un cheval avec des cloches, afin d'effectuer des cérémonies shintô ainsi que des prières dans le but d'apaiser les divinités et apporter une récolte abondante. Un acte qui porte ses fruits et permet alors l'installation de cette coutume de façon annuelle pour prévenir la ville d'autres désastres. 

Au fil du temps, le rituel se transforme en performance de tir à l'arc équestre. Cependant très apprécié par le peuple, il est tout de même interdit sous l'Empereur Rommu (697-707). L'époque de Heian (794-1185) voit le siège du pouvoir se déplacer à Kyôto. L'Empereur Kanmu (737-806) reconnaît alors les sanctuaires Kamo comme les protecteurs de la capitale et réhabilite l'Aoi Matsuri en tant qu'évènement annuel impérial. Malgré une forte popularité, ce dernier décline jusqu'à l'arrêt total de sa pratique durant l'époque Sengoku (1477-1573).

Plusieurs fois tombé en désuétude et repopularisé selon les périodes, il est à nouveau célébré en 1885 dans le cadre d'un plan du gouvernement Meiji pour animer Kyôto et pallier au déplacement du siège impérial à Tôkyô. Mis à part les rituels réalisés devant les sanctuaires, la procession et le reste du festival sont interrompus durant la Seconde Guerre mondiale, puis repris officiellement en 1953.

Le festival tire son nom de la rose trémière (aoi) dont les feuilles sont utilisées pour décorer les chariots et tous les participants du cortège. Ces dernières étaient autrefois censées protéger des catastrophes naturelles. A noter que l'évènement se passe toujours le 15 mai, sauf en cas de météo capricieuse où il peut être reporté au lendemain.

 

----Déroulement du festival

L'Aoi Matsuri est précédé durant deux semaines de plusieurs évènements en rapport avec le festival et qui ont principalement pour but de purifier les sanctuaires et les chemins avant l'arrivée du cortège.

01/05 - Au sanctuaire Kamigamo durant le ashizoroe shiki, les cavaliers montent les chevaux afin de voir leur condition (âge, vitesse, etc.) et de les choisir pour la course kurabe uma e shinji qui se déroule le 5 mai suivant. Le parcours de la course est également décidé et les futurs participants, ainsi que leurs montures, sont purifiés.

03/05 - Au sanctuaire Shimogamo a lieu le rituel shintô du yabusame shinji où des archers sur cheval tentent d'atteindre une cible en plein galop. Dans la même journée, la jeune fille désignée comme Saiô Dai procède à un rituel de purification à Kamigamo.

04/05 - Le Saiô Dai misogi no gi est un moment important. Il s'agit d'un pré-rituel de purification de l'Aoi Matsuri durant lequel la Saiô Dai se lave délicatement les mains jointes dans la rivière Mitarashi, accompagnée d'une quarantaine de jeunes servantes choisies dans les classes élémentaires de Kyôto. Une poupée taillée dans un morceau de cyprès est ensuite jetée à l'eau pour éloigner les prochaines catastrophes. L'évènement prend place alternativement une année sur l'autre dans les deux sanctuaires Kamo et fait l'objet d'une grande attention de la part du public.

05/05 - Le busha shinji fait partie d'un des rituels les plus ancien du pré-festival et comprend plusieurs processus d'éloignement de mauvais esprits à travers des jeux liés aux flèches dans l'enceinte de Shimogamo (tels que des prêtres tirant à l'arc). Le sanctuaire voisin accueille quant à lui la course kurabe uma e shinji où l'on assiste à l'affrontement de deux équipes vêtues de costumes de l'époque de Heian (794-1185) sur un parcours de 500 mètres. L'évènement se fini par la purification de tous les chevaux devant participer à la procession dix jours plus tard.

12/05 - Enfin, le mikage matsuri marque la venue des prêtres du festival à Shimogamo. Ces derniers, partis du sanctuaire Mikage, ont emmenés avec eux les esprits divins qui s'y trouvaient, afin de les apporter pour l'Aoi Matsuri et d'attirer les faveurs divines. Ils sont accueillis par un spectacle de musique et de danse traditionnelle (azuma asobi) dans la forêt de Tadasu

15/05 - L'Aoi Matsuri en lui-même se passe en deux temps au cours de la matinée du 15 mai : la procession et les rituels aux sanctuaires. Le cortège entièrement vêtu des costumes de l'époque de Heian (794-1185) est mené par le chokushi (messager impérial) à dos de cheval. Il est suivi par deux chars à boeufs, quatre vaches, trente-six chevaux et près de six cents personnes, dont la princesse Saiô Dai sur un palanquin. Cette dernière était autrefois choisie parmi les soeurs et les filles de l'Empereur pour servir le sanctuaire Shimogamo. Son rôle est de maintenir la pureté rituelle et de représenter l'Empereur durant l'évènement. De nos jours, ce personnage est tenu par une jeune fille célibataire de Kyôto qui passe par plusieurs cérémonies de purification les jours précédant le festival.

La procession se déplace lentement du palais impérial de Kyôto vers les sanctuaires Kamo aux alentours de 10h30. Arrivé sur les lieux du premier sanctuaire Shimogamo à 11h40, le messager de l'Empereur récite une prière pour la paix, ainsi que le rescrit impérial louant les divinités. La démonstration de respect de la part de la Saiô Dai est suivie de plusieurs rituels, tels que la présentation du cheval blanc sacré en offrande (hiki uma), la danse rituelle à caractère religieux (azuma asobi) et les courses de chevaux sacrés (kurabe uma e shinji). Ces derniers, effectués avant le festival, sont repris durant l'Aoi Matsuri.

Puis le cortège quitte Shimogamo à 14h20 et atteint Kamigamo vers 15h30 où ont lieu des spectacles équestres de vitesse, tels que des courses (kurabe uma) et des tirs à l'arc sur cheval (yabusame) dans les alentours boisées du sanctuaire. Les spectateurs venus nombreux, peuvent se restaurer sur place grâce aux stands de nourriture et acheter de petits souvenirs ou s'amuser avec leurs enfants aux jeux de kermesse jusqu'à 17h00.

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----Costumes des participants

 Saiô Dai

La représentation de la Saiô Dai est instaurée en 1956 et apparaît sous les traits d'une jeune fille aristocratique de l'époque de Heian (794-1185) au visage blanchi et aux dents noircies. Son costume impressionnant et coloré se nomme jûnihitoe et se compose de douze couches de kimonos. Ce dernier est additionné d'un omigoromo de couleur blanche pendant le Saiô Dai misogi no gi (veste de cérémonie shintô).

Sa coiffure est une simple queue de cheval basse, agrémentée d'un chignon sur l'avant du front et sur lequel est attaché une coiffe dorée (kokoroba) représentant les branches d'un prunier, ainsi que huit tresses plates de soie blanche (hikage no ito). Sa tenue est complétée par des sabots de bois rouges et un éventail replié (ôgi).

• Chokushi

Ancien courtisan de cinquième rang durant la période de Heian (794-1185), le messager de l'Empereur revêt un ensemble de cérémonie de couleur noire baptisé sokutai. Ce dernier se caractérise par la longue veste  à la fermeture située sur l'épaule droite, un pantalon large (ueno hakama), une longue traîne et une ceinture richement décorée (hirao no tare).

Son costume est accessoirisé d'une coiffe (kanmuri), d'une tablette de bois (shaku) dans la main droite, d'un sabre décoratif sur le flanc gauche (kazatachi) et de sabots de bois noirs.

• Participantes féminines

Il s'agit pour la plupart, de petites filles et d'adolescentes arborant les mêmes types de maquillage et de coiffure que la Saiô Dai. L'ensemble des tenues possèdent également des points communs : couleurs vives, coupes amples et superposées, zôri à lanières rouges avec tabi blanches. La majorité porte une veste damassée (kôchiki) repliée à la taille, sur un kimono plus fin (hitoe) toujours d'une teinte différente, ainsi qu'un pantalon plissé (hakama) de couleur rouge.

• Participants masculins

A contrario, la présence masculine est beaucoup plus âgée et regroupe des hommes de tout âge (mais rarement de jeunes garçons ou adolescents). C'est également eux qui revêtent le plus de costumes différents, car ils représentent les divers métiers au sein du cortège (cavalier, chasseur, serviteur, militaire, religieux, etc). Il est donc difficile d'entrer dans les détails. Il est néanmoins possible d'en tracer les grandes lignes avec quelques constances vestimentaires.

C'est ainsi que les religieux arborent principalement la veste hô au col droit. C'est ensuite les accessoires (coiffes, objets tenus dans les mains) et les couleurs des vêtements qui diffèrent selon le rang. Les militaires portent, eux, le suikan, parfois complété d'un kataginu damassé (veste aux manches courtes), d'armes et de coiffes diverses d'après leur fonction (garde, cavalier, archer, etc). Les couleurs sont également plus vives que l'ensemble des costumes masculins : souvent orange, vert et violet. Enfin, les serviteurs et assistants sont facilement reconnaissables à leurs tenues entièrement blanches et à leurs sandales de paille (waraji).

 

 

Merci de ne pas prendre ce texte sans mon consentement, celui-ci m'appartient.

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