Types d'obi

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Après avoir abordé le sujet des différents types de kimono, nous passons à ceux des obis. Ces derniers obéissent aux mêmes dégrés de formalité (ou kiku) que le kimono. Petit rappel.

Degrés de formalité

Logiquement, la formalité d'un obi s'accorde avec celui d'un kimono, ils devront être du même rang ou de rang proche pour s'associer. A noter que les accessoires peuvent créer des nuances intermédiaires entre ces catégories et que tous les éléments aboutissent à un ensemble qui va dégager une impression, une atmosphère. Il est donc important de ne pas se focaliser uniquement sur l'obi ou le kimono, mais de comprendre la complexité qui s'installe entre les différents éléments qui composent la tenue et d'en trouver les bons rouages.

Dai ichi reisou - Très formel

Jun reisou - Formel

Ryaku reisou - Semi-formel

Gaishutugi - Casual / Informel

Fudangi - Très informel 

 

Constitution d'un obi

Un obi est composé de différente partie. Ces dernières ont chacune un nom particulier qui facilite l'explication lors de la réalisation d'un musubi. Gros plan sur les trois principaux obis : maru obi, fukuro obi et nagoya obi.

A - Tesaki : partie avant

B - Dômawari : partie sans motifs (40% de l'obi)

C - Rokutsu gara : partie avec motifs qui représente 60% de l'obi (par oppposition au dômawari)

D - Taresaki : partie arrière

E  - Oridashi sen : finition du tissage

F - Otaiko : partie visible lorsque l'obi est noué (taiko musubi)

 

Types d'obi

Durant l'ère Edo (1600-1868), l'obi est passé du statut de simple objet utilitaire à celui d'élément primordial dans la tenue traditionnelle japonaise. Au fil du temps, la sobre cordelette de soie s'est transformée en large bande de tissu de plus de quatre mètres. Une longueur nécessaire pour réaliser un musubi (noeud d'obi) qui s'inspire directement de l'origami, l'art de plier le papier. Les acteurs Kabuki ont majoritairement participé au développement du musubi en apparaissant sur scène avec de nouveaux noeuds, lançant la mode dans toutes les grandes villes du Japon.

Info + : auparavant, les noeuds d'obi se portaient selon le goût personnel de chacun. Sous l'influence des courtisanes raffinées, une mode éphémère les placèrent devant. Puis les femmes non mariées et la classe ouvrière privilégièrent rapidement le noeud dans le dos. Positionné sur le ventre, il gênait les mouvements des bras et ne permettait pas d'accomplir les tâches ménagères ou le travail quotidien. C'est donc tout naturellement que nouer son obi devant est apparu comme un signe de rang social élevé et par extension, la possession de domestiques pour entretenir la maison. Si les courtisanes dont l'obi est placé sur le devant pouvaient consacrer leur temps à l'oisiveté, les geishas travaillaient de leurs mains (danse, shamisen, jeux) et le mettaient dans le dos.

 

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La famille des obis est très variée et se compose de style parfois très différents.

 

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Chûya obi composé d'une couleur foncée sur une face et d'une couleur plus claire sur l'autre

Chûya obi


Chûya signifie littéralement "jour et nuit" et révèle le côté quotidien de cet obi. Légèrement "casual" en journée, il peut se vêtir le soir pour aller au restaurant ou au théâtre. Il s'agit en fait d'un intermédiaire entre le han haba obi trop informel et le nagoya obi un peu plus habillé. Sa caractéristique principale est l'association de deux pièces de tissu doublées aux couleurs opposées (souvent claire et foncée). Les deux faces peuvent ainsi posséder des motifs sur toute la longueur.

Info + : ses mesures sont semblables aux celles d'un fukuro obi et peut également se nommer hara awase obi.

 

 

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Darari obi l Le type dadari musubi porté par une maiko

Darari obi

Il s'agit de l'obi des apprenties geishas (maiko) qui mesure jusqu'à six mètres. Cette longueur est nécessaire pour réaliser le dadari musubi dont les deux extrémités s'étendent des omoplates aux molets. Sa particularité principale est de posséder un kamon au taresaki (cf : types de kimono). Cependant, ce kamon n'a pas la même signification que lorsqu'il est apposé sur un kimono. En effet, il ne représente pas un nom de famille à proprement parlé mais plutôt la marque de l'établissement auquel est rattachée la geisha en question. Il peut alors apparaître sur ses kimonos car il s'agit de son vêtement de travail.

 

 

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A - Tesaki cousu B - Partie cousue l Gros plan sur la partie A de l'obi

Fukuro nagoya obi

Il s'agit d'un obi hybride : le tesaki (A) est cousu comme celui d'un nagoya obi mais seulement sur les premiers centimètres et non sur toute la longueur. C'est ainsi que le reste du corps de l'obi ressemble à un fukuro obi (B). Très léger à porter, il peut atteindre le rang ryaku reisou selon ses motifs et la qualité du tissu utilisé. Bien qu'il soit de forme légèrement différente, il se porte comme un nagoya obi.

Info + : on l'appelle aussi hassun nagoya obi.

 

 

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Dômawari du fukuro obi (entouré en vert) l Fukuro obi porté avec un irotomesode

Fukuro obi

Est l'obi qui vient tout juste après le maru obi dans le classement de formalité (jun reisou et ryaku reisou). Sur une des faces, on peut noter une absence de motif sur environ 40% du tissu. Cette section nommée dômawari est cachée lorsque l'obi est vêtu et n'est donc pas décorée. Sa largeur de 30 centimètres et sa longueur de 420 centimètres le place dans la catégorie des obis les plus grands.

Info + : les obis décorés à 60% sur une face sont nommés rokutsû tandis que ceux qui le sont totalement font partie de la famille des zentsû.

 

 

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Han haba obi aux faces différentes l Han haba obi porté avec un yukata l Exemple de musubi avec un contraste de couleur

Han haba obi

Obi informel qui se caractérise par une largeur de 15 centimètres et une longueur de 320 à 360 centimètres. Il est généralement en fibres synthétiques ou en coton et s'associe avec un yukata ou un komon. Lorsqu'il possède des motifs, ces derniers ont tendance à se situer sur les deux faces.

Info + : tout comme le chûya obi, il est fréquent de voir les deux côtés posséder chacun une couleur différente. Cela permet de donner un joli rendu au musubi en jouant avec le contraste des couleurs. Le han haba obi fait partie de la famille des hoso obis (obis informels dont la largeur est comprise entre 15 centimètres et 20 centimètres).

 

 

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Heko obi l Exemple de noeud simple d'un heko obi l Motif teint et réalisé selon la technique shibori

 Heko obi

L'heko obi est assez particulier. En effet, il est constitué d'un tissu fluide et se démarque clairement du véritable obi rigide tel qu'on le connaît. De rang informel, on peut le voir sur un yukata pour enfant ou un kimono quotidien. Son avantage est d'être facile à porter et d'avoir un noeud simple à réaliser. Très apprécié par les hommes, son apparence s'approche de celle d'un obiage féminin tout en possédant une longueur plus importante. La majorité des motifs d'un heko obi sont teints et issus de la technique shibori. Cette dernière créée un motif en relief dans le tissu.

 

 

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Nagoya obi de type ro (usumono)

Hitoe obi

Obi non-doublé qui se porte avec les kimonos hitoe de mai à septembre. Sa largeur varie de 15 à 30 centimètres et sa longueur de 390 à 320 centimètres car il peut être pratiquement de tous les types (Fukuro obi, nagoya obi, han haba obi..). Comme il n'a pas de doublure, il est de nature un peu moins formelle (par extension, les tenues très formelles sont toujours doublées). Selon son tissage et le type de musubi choisi, il peut être partiellement transparent et donner une impression de légèreté (notamment pour le tissage dit usumono cf : types de kimono).

 

 

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Iwai obi pour enfant l Iwai obi porté pour un shichi-go-san l Iwai obi de type tsuke obi

Iwai obi

L'iwai obi est une sorte de fukuro obi porté aux célébrations spéciales et aux motifs porte-bonheur. Il est utilisé pour accompagner les kimonos des petites filles de sept ans lors du shichi-go-san. Mais il peut également apparaître sur un kakeshita ou être vêtu pour la nouvelle année. Pour les enfants, ses mesures sont d'environ 26 centimètres x 400 centimètres.

Info + : à ne pas confondre avec l'obi iwai qui est une cérémonie de l'obi pour femme enceinte.

 

 

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Kakae obi porté par une geisha l Kakae obi fluide avec franges l Kakae obi noué pour un Shichi-go-san l Kakae obi rigide l Kakae obi sur un uchikake

 Kakae obi

La particularité du kakae obi est d'être une ceinture qui se noue autour des hanches sous un autre obi. Son utilité essentiellement décorative s'approche de celle d'un puchi heko obi tout en étant plus formel. Il existe deux types de kakae obi : le premier est fait de soie fluide agrémentée de franges et se noue très simplement en laissant pendre les deux extrémités. Le second est plus rigide et se compose de motifs luxueux sur une bande de tissu très étroite (environ 5 centimètres). Son musubi est un peu plus élaboré et se place dans le dos ou sur le devant. Le kakae obi se voit principalement sur le furisode d'une mariée ou d'une fillette de sept ans lors du Shichi-go-san.

Info + : on le retrouve également sous le nom de shigoku obi.

 

 

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Kaku obi l Kaku obi avec le motif kenjo l Exemple du musubi kai no kuchi réalisé avec un kaku obi

Kaku obi

Obi masculin dont la largeur se situe aux alentours de 10 centimètres. Il est plus étroit que les autres obis mais garde approximativement la même longueur (environ 400 centimètres). C'est sa qualité et la matière dans laquelle il est confectionné qui va lui donner son degrés de formalité (en coton pour un yukata, en soie pour une tenue plus formelle par exemple).

Info + : son motif le plus fréquent est le kenjo : un ensemble de rayures et de motifs symétriques qui s'alternent et s'étendent en continu sur la totalité de l'obi. Ce tissage, particulièrement porté en été est originaire de Fukuoka (Sud du Japon).

 

 

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Kyô bukuro obi réversible

Kyô bukuro obi

Il s'agit d'un obi très récent qui a vu le jour dans les années 1970 à Kyôto. Il possède la même structure qu'un fukuro obi et la même longueur qu'un nagoya obi. Il est réversible et accompagne les kimonos quotidiens en les réhaussant d'une pointe d'élégance.

 

 

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Maru obi l Exemple de musubi réalisé avec un maru obi sur un furisode

Maru obi

Le maru obi est le plus formel de tous : 32 centimètres de largeur et plus de 400 centimètres de longueur. Très épais et richement décoré, il se porte aux cérémonies importantes comme le mariage. Il s'associe à un tomesode, un furisode ou encore à un houmongi.

Info + : il s'agit de l'obi le plus difficile à mettre à cause de son poids qui peut atteindre plusieurs kilos, mais également à cause de son épaisseur et de sa rigidité qui rend son pliage laborieux. C'est pour cette raison que de nombreuses personnes font appel aux services d'un habilleur professionnel dans ce cas-là.

 

 

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Nagoya obi l Taiko musubi réalisé avec un nagoya obi l Courtisane qui porte un nagoya obi du XVIème siècle

Nagoya obi

Le nagoya obi, comme son nom l'indique, est produit pour la première fois à Nagoya à la fin de la période Taishô (1912-1926). Facilement reconnaissable grâce à une partie plus étroite qui est cousue sur toute la longueur, il est le plus léger des obis doublés. Très "casual", il se porte en ville et parfois pour des évènements semi-formels lorsqu'il est orné de fil d'or ou d'argent accompagné d'un beau kimono. Il s'agit d'un obi très commun dont la forme a été conçue pour faciliter le taiko musubi, un noeud d'obi populaire au Japon. A noter qu'il possède également un dômawari comme le fukuro obi.

Info + : à ne pas confondre avec un autre nagoya obi qui possède la même prononciation mais dont les kanjis sont différents. Celui-ci s'apparente à une corde épaisse en soie de forme circulaire ou plate avec un pompon à chaque extrémité. Apparue au XVIème siècle lorsque l'obi n'avait pas encore la place décorative que l'on connaît, elle est arrivée de Corée par le biais des troupes de Toyotomi Hideyoshi qui avaient envahi le pays à deux reprises. Elle s'est tout d'abord répandue dans le milieu très fermé des quartiers des plaisirs avant d'atteindre tout l'archipel à la moitié de l'époque d'Edo (1600-1868). Porté à la fois par les hommes et les femmes, ce nagoya obi s'enroulait plusieurs fois autour de la taille et se nouait très simplement sur le côté ou dans le dos. 

 

 

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Odori obi l Geishas qui dansent sur scène avec un odori obi à rayures

Odori obi

L'odori obi est un des plus long obis avec ses 4,50 mètres. Composé de couleurs chamarrées, il se porte sur scène pour les spectacles de danse japonaise (odori). Les geishas mais aussi les acteurs de Kabuki peuvent le revêtir lorsqu'ils réalisent des performances. S'il remplace très bien un fukuro obi en terme de formalité dans la vie quotidienne, son port reste cependant assez rare en dehors des évènements festifs et artistiques.

 

 

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Puchi heko obi (blanc) agrémenté de petites décorations

Puchi heko obi

Le puchi heko obi est une variante moderne de l'heko obi. Fait de tissu fluide, il est souvent transparent et agrémenté de dentelle ou de paillettes. Son utilité est surtout décorative et donne du relief à un musubi. Il se place par-dessus un han haba obi mais peut aussi se porter seul à la manière d'un heko obi pour un style plus décontracté.

 

 

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Sakiori obi

Sakiori obi

Le sakiori obi est confectionné à partir de fil ou d'étroites bandes de tissu d'anciens kimonos tissés. Il s'agit d'une pièce extrêmement informelle portée à la maison et dont les mesures sont semblables au han haba obi.

 

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Tenga obi aux motifs luxueux l Tenga obi porté avec un furisode

Tenga obi

S'il possède les mêmes mesures qu'un han haba obi, le tenga obi appartient tout de même au rang très formel/formel (dai ichi reisou/jun reisou). Il se porte aux évènements festifs et s'associe à un furisode ou un houmongi. Il se démarque par des motifs particulièrement luxueux tout en étant beaucoup plus pratique qu'un maru obi (c'est là son avantage et la raison pour laquelle il est apprécié).

 

 

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Tsuke obi de type chôchô musubi l Tsuke obi de type taiko musubi l Tsuke obi de type chôchô musubi porté

Tsuke obi

Le tsuke obi (ou tsukuri obi) est composé de deux pièces : le noeud, déjà près-réalisé et le reste de l'obi. Le tout s'attache grâce à de petites cordes qui sont dissimulées lorsque l'obi est porté. Inventé à l'origine pour les personnes qui n'ont pas le temps ou les connaissances pour réaliser un musubi, il est actuellement populaire auprès de la jeune génération car il facilite le port du kimono. Son seul inconvévient est l'aspect trop parfait du musubi qui dénote immédiatement sa fausseté et n'a pas le charme d'un tissu réellement noué (relief, defaut qui donne de l'allure).

Info + : si ce genre d'obi peut dépanner, il reste cependant important d'apprendre les différents musubi car cela fait partie intégrante du kitsuke et d'un savoir-faire traditionnel.

 

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Coordination avec un kimono

 

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Opposition chromatique l Même camaïeu (rouge) l Couleurs qui détonnent (vert anis et brun) l Reprise du doré/orange du kimono sur l'obi et les accessoires

 

 C'est l'éternelle question. Pour réussir une bonne coordination, plusieurs choix s'offre à vous :

* Associer des couleurs opposées dans le cercle chromatique : cette méthode permet d'avoir une jolie coordination visuelle avec les couleurs tertiaires. En revanche, l'association des couleurs primaires et secondaires opposées est un peu plus dure. A privilégier pour les accessoires ou un effet très coloré.

* Associer des couleurs du même camaïeu : simple et efficace, cette solution permet de ne pas faire de faux-pas. Son seul défaut est sans doute de noyer une couleur si elle se trouve à côté d'un ton trop proche. Un ensemble de ce type devra être souligné par des détails dont la couleur est différente du camaïeu choisi.

* Associer des couleurs qui détonnent : le principe est d'accompagner un kimono clair avec un obi foncé et inversement ou de "trancher" totalement le kimono.

* Reprendre les couleurs présentes sur le kimono ou l'obi : une technique efficace et peu risquée, pour peu que les couleurs "matches" ensemble.

 Vous pouvez également choisir de réaliser une coordination totalement personnelle, voire de mélanger ces quatre méthodes.

Info + : ayez toujours sous la main un obi/kimono noir ou blanc aux motifs sans saison. Ces couleurs se mettent avec tout et seront d'une grande d'aide en cas de panne d'inspiration ou d'absence d'obi/kimono pour la coordination ! Enfin, une règle traditionnelle du kitsuke veut que l'on associe un obi tissé (orimono) avec un kimono teint (somemono) et inversement. L'ensemble kimono teint + obi tissé est formel, tandis que l'ensemble kimono tissé + obi teint est plus casual.

 

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Cercle chromatique l Association d'un obi tissé (orimono) avec un kimono teint (somemono)

 

 

Merci de ne pas prendre ce texte sans mon consentement, celui-ci m'appartient.

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