Komono

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Le komono (qui signifie littéralement "petite chose" ou accessoires) est l'ensemble des objets utilisés pour mettre en place le kimono et qui deviennent invisibles lors du port. Leur rôle est primordial dans une culture où rien n'est jamais coupé ni séparé du reste. L'ajustement d'un vêtement tel qu'on l'entend y est très différent de celui pratiqué en Occident, il se fait essentiellement par pliage et superposition, comme pour l'origami. Tant de pliages et de noeuds qui constituent la principale complexité du kitsuke et nécessitent un certain savoir-faire.

 

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Sarashi l Yumoji l Brassière l Wasou pantsu féminin

Sous-vêtements

Le kimono se porte traditionnellement sans sous-vêtements au sens occidental du terme. En effet, autrefois les femmes japonaises s'enveloppaient de tissu en coton blanc selon une technique qui rappelle celle du bandage. Le premier est le sarashi qui va tenir la poitrine et la comprimer. Le second est le yumoji, une pièce de vêtement carrée qui se noue fermement sur les hanches. Ce type de sous-vêtement n'est porté aujourd'hui que par l'ancienne génération au Japon. Actuellement, on peut trouver des sous-vêtements à l'allure occidentale qui ont des coutures fines pour ne pas marquer le kimono. Parmi eux, des brassières qui se ferment à l'avant grâce à une tirette ou des passants en fer et le wasou pantsu. Côté masculin, il y a la culotte traditionnelle fundoshi et le haramaki, bande de tissu ou large ceinture placée sur le ventre qui permet aux pans du kimono de rester en place. Ce dernier peut également être rembourré pour créer un "faux ventre" dans le même but.

 

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Hosei hadagi qui se place dans le bas du dos l Hadajuban avec rembourrage l Placement du rembourrage dans un hadajuban avec poches intégrées

Hosei hadagi

L'hosei hadagi est un terme générique qui regroupe l'ensemble des sous-vêtements dits "de correction". Ces derniers se composent principalement de rembourrage ou de coussinets vêtus pour donner une forme tubulaire au corps. Des accessoires nécessaires car le kimono est un vêtement à la constitution carrée qui se plie avec les formes du corps (notamment féminin). La plupart d'entre eux se placent dans le bas des reins et à l'avant des épaules chez les femmes, et sur le ventre pour les hommes. Les hosei hadagi sont généralement utilisés par des personnes qui n'ont pas l'habitude de mettre un kimono. En effet, ce dernier exige un port de corps particulier qui s'acquiert avec les années, c'est pourquoi les hosei hadagi sont peu portés par les personnes âgées (ils peuvent être réduits voire enlevés au fil du temps).

Info + : certains hadajuban féminins ont des poches intégrées dans lesquelles est glissé du rembourrage. Le hosei hadagi peut également être remplacé par du linge plié en carré et maintenu grâce à un koshi himo (notamment dans le bas du dos). En général, le rembourrage se place sur l'hadajuban et sous le juban.

 

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Hadajuban long l Hadajuban court l Hadajuban masculin l Hadajuban sans manches

Hadajuban

L'hadajuban est une pièce de vêtement en coton et/ou en synthétique qui se porte à même la peau sous le nagajuban et dont le rôle principal est de protéger le kimono et le sous-kimono de la sueur. On le retrouve sous différentes versions qui peuvent parfois porter à confusion avec le nagajuban deux pièces.

Tout d'abord, il existe en deux longueurs : la première s'arrête au niveau des hanches, l'hadajuban court est alors complété par un susoyoke ou un momohiki. Cette version est utilisée sur les sous-vêtements et confondu avec un nagajuban deux pièces car leur forme sont très proches.

La seconde longueur tombe jusqu'aux chevilles et constitue une seule pièce. Le vêtement possède des manches cousues à l'occidentale qui disparaissent sur les hadajuban d'été (idéal pour un yukata par exemple). Il est toujours de type hitoe et ne se trouve jamais de seconde main car il est considéré comme un vêtement intime (il s'achète neuf).

 

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Susoyoke de type usumono l Mise en place du susoyoke avec un hadajuban court

Susoyoke

Rectangle de tissu qui se noue autour de la taille grâce à deux cordelettes et s'associe à l'hadajuban ou au nagajuban pour créer un ensemble. Il existe aussi sous une forme plus simple en jupe à la taille élastique.

Info + : en règle générale, on met un hadajuban court et un susoyoke sous un nagajuban une pièce ou un hadajuban long sous un nagajuban deux pièces.

 

 momohiki.jpgMomohiki l Momohiki porté l Façon dont sont nouées les cordes du momohiki autour de la taille l Wasou pantsu masculin

Momohiki

Le momohiki est un pantalon moulant assez particulier dont l'entrejambe ouverte se ferme en nouant ses deux cordelettes à la taille. Il s'agit en fait du "susoyoke masculin" car de nombreux hommes préfèrent porter ce pantalon sous leur kimono plutôt qu'une jupe. Il peut être remplacé par un wasou pantsu (un pantalon plus large à la taille élastiquée) et s'associer à un hadajuban ou à un nagajuban.

 

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Nagajuban féminin l Nagajuban féminin porté l Nagajuban féminin deux pièces porté l Nagajuban masculin l Nagajuban masculin porté l Nagajuban court masculin porté

Nagajuban

Ou plus simplement juban est un sous-kimono qui se porte sur l'hadajuban et qui se retrouve sous deux formes différentes.

La première se compose d'une seule pièce avec une longueur qui varie de 120 centimètres à 130 centimètres et pour laquelle le pli à la taille (ohashori) n'est pas nécessaire.

La seconde est constituée de deux pièces : un nagajuban court qui va jusqu'aux hanches et qui s'accompagne d'un susoyoke. Ce nagajuban deux pièces est souvent confondu avec un "hadajuban + susoyoke" car leur forme sont similaires. A la différence près que contrairement à l'hadajuban court, un nagajuban court possède un vrai col avec un chikara nuno et des manches rectangulaires.

Le nagajuban se ferme par un koshi himo et se retrouve en plusieurs matières : coton, fibres synthétiques, soie ou encore laine. Lorsqu'il comporte des motifs et des couleurs, ces derniers peuvent s'apercevoir au niveau du miyatsuguchi et du sodeguchi. Tout comme le kimono et l'obi, il est de type awase, hitoe ou usumono. Cependant, il ne se porte pas avec un yukata et peut être remplacé par un eri shin pour les kimono s'il fait trop chaud (car l'absence de sous-col est trop informel même pour un tsumugi, cela reste donc réservé au yukata).

Info + : il faut être attentif lors de l'achat d'un nagajuban car la longueur de ses manches doit s'accorder avec celle de votre kimono (la longueur habituelle constatée est de 49 cm). 

 

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Koshi himo en coton blanc l Koshi himo coloré et décoré avec la technique shibori

Koshi himo

Ceinture de trois centimètres de largeur et de 200 centimètres de long faite de coton blanc ou de mousseline. Généralement sans motif, on peut la retrouver décorée selon la technique shibori. Son rôle majeur est de maintenir l'oshaori, les pans fermés, la forme du col du kimono et de l'obi. Elle peut également être confectionnée dans un tissu usumono pour l'été et utilisée pour remplacer la korin belt.

 

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Korin belt de couleurs différentes l Placement de la korin belt sur le kimono

Korin belt

Ceinture élastique composée d'une pince à chaque extrémité. Le principe est de clipser chacune d'entre elle sur le col du kimono en passant dans le dos via le miyatsuguchi gauche. La korin belt est un outil assez récent et permet aux pans du kimono de rester en place (elle était autrefois remplacée par un koshi himo).

 

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Eri shin de type awase l Eri shin de type hitoe l Col d'un kimono féminin avec un eri shin

Eri shin

Col rigide qui se glisse dans l'ourlet du col du juban ou de l'han eri et donne une belle forme au col. Cet accessoire n'est pas obligatoire mais offre au kimono une belle allure. Il peut être de type awase ou hitoe.

Info + : l'eri shin est un accessoire exclusivement féminin, le col du kimono masculin étant très proche de la nuque, il n'est pas mis en avant (la nuque est considérée comme érotique chez la femme, elle est donc plus ou moins dégagée selon l'âge de la porteuse).

 

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Date jime masculin avec le motif kenjo l Date jime féminin ancien l Magic belt de type awase l Magic belt de type hitoe l Date jime féminin noué

Date jime

Il s'agit d'une ceinture dont la largeur est comprise entre 10 centimètres pour les femmes et six centimètres pour les hommes avec une longueur de plus de 200 centimètres. Le date jime sert à fermer les pans du nagajuban et du kimono sur les koshi himo (elle aplanit et maintien le tout). En synthétique ou en soie, il comporte souvent le motif kenjo (cf : types d'obi) et peut être de type awase ou hitoe. Une autre variante plus ancienne du date jime possède des lanières à chaque extrémité et se ferme simplement en les nouant.

Info + : elle existe également sous une forme moderne légèrement élastique qui se ferme avec un scratch et dont la longueur est beaucoup plus courte (elle porte alors le nom de magic belt). Cette transformation récente du date jime permet de rendre le kitsuke plus accessible. Le date jime traditionnel se met plutôt sur le juban et la magic belt sur le kimono, quoi qu'il en soit l'idéal est d'en mettre deux.

 

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Obi ita de type awase l Obi ita de type hitoe avec dentelle l Mae ita avec lanières élastiques et décorations l Mae ita placé sur un date jime

Obi ita / Mae ita

Il s'agit d'une plaque souple d'une longueur variable qui a deux noms différents selon qu'elle se glisse dans l'obi (obi ita) ou qu'elle se place sur le date jime grâce à des lanières élastiques (mae ita)Sa fonction est d'empêcher que le musubi s'affaisse et que l'obi fasse des plis avec le mouvement de la marche et l'inclination du corps. De type awase ou hitoe, certains obi ita sont agrémentés de dentelle qui dépasse de l'obi lors du port (pratique pour décorer l'obi du yukata qui n'a pas d'obiage).

 

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Obi makura enveloppé de gaze l Bunko makura l Obi makura placé dans le dos (taiko musubi) l New obi makura l Exemple d'utilisation d'un new obi makura

Obi makura

Petit coussin en forme de haricot qui se décline sous plusieurs variantes. Il peut être vendu seul, enveloppé dans un tissu de gaze ou avec des lanières intégrées de chaque côté. Camoufler par un obi age, il se place dans le dos pour donner forme à certain musubi. Un type d'obi makura nommé new obi makura (ou azuma sugata) a vu le jour et se compose d'une partie supplémentaire avec un large passant dans lequel l'obi s'enfile. Cet accessoire facilite la réalisation du taiko musubi et s'inspire du bunko makura.

 

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Obidome kanagu version courte l Obidome kanagu version longue l Exemple d'utilisation d'un obidome kanagu long

Obidome kanagu

Nommé aussi tome kanagu, il s'agit d'une pince qui maintient l'obi lors de la réalisation d'un musubi et facilite notamment le pliage du taiko musubi. Cet accessoire reste en place lors du port, il ne s'enlève pas après la fin du noeud et demeure indispensable pour un tsuke obi (obi en deux parties). Il existe en deux versions : courte et longue.

 

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Biyosugata l Exemple d'utilisation d'un biyosugata

Biyosugata

Le biyosugata est un objet assez particulier qui possède des bandes élastiques et divers clips. Inventé pour réaliser les musubi les plus compliqués en un minimum de temps, il peut paraître étrange et complexe à cause de sa forme peu commune. Le biyosugata n'est pas réellement indispensable, car il est préférable d'apprendre tout d'abord les musubi. Mais il peut être utile pour réaliser des noeuds difficiles si vous êtes seul(e) (notamment ceux vêtus avec un furisode reconnus pour leur difficulté).

 

 

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Eri sugata blanc (commun) l Eri sugata avec motifs l Structure de l'eri sugata l Eri sugata vêtu avant / arrière l Eri sugata posé sur un juban

Eri sugata

L'eri sugata (ou kantan eri) est un faux col qui a deux utilités : la première est semblable à celle de l'eri shin, c'est-à-dire maintenir le col en place et lui donner une belle forme en l'apposant ou en le cousant sur le col du juban (notamment si ce dernier n'a pas de passant dans le dos pour régler l'ouverture du col, le chikara nuno). La seconde est de donner l'illusion de porter un juban. En effet, il imite un col qui dépasse du kimono et permet de ne pas porter de sous-kimono (température trop élevée par exemple). Enfin, il peut également camoufler le col de votre juban si ce dernier est trop usé ou sali.

 

tabi.jpgKohaze de tabi traditionnelles l Tabi avec broderies l Tabi en stretch avec motifs l Tabi doublées en coton pour l'hiver

Tabi

Les tabi sont des chaussettes qui séparent le gros orteil des autres, une forme particulière qui permet de mettre facilement des sandales. Traditionnellement confectionnées en coton blanc épais avec des passants en fer (kohaze) en guise de fermeture, une variante moderne en stretch qui s'enfile comme des chaussettes occidentales a vu le jour. Elles peuvent être agrémentées de broderies ou motifs et être de couleur unie pour un look plus "casual". En hiver, elles se portent doublées et peuvent monter jusqu'au mollet (elles s'arrêtent habituellement jusqu'aux chevilles pour les températures plus clémentes). Il est également possible de mettre une paire de tabi sous une autre paire pour constituer l'équivalent d'une doublure (généralement, la paire en stretch se met en premier suivie de celle en coton).

Info + : il est d'usage de choisir des tabi d'une pointure inférieure afin de souligner la ligne du pied. Celles de couleur blanche sont plutôt formelles (elles constituent cependant une norme peu importe le kimono) et celles avec motifs ou couleur sont plus informelles (elles s'associent avec un komon ou un tsumugi par exemple). En règle générale, elles ne se portent pas avec des geta excepté pour les arts martiaux et les métiers artistiques comme geisha ou acteur kabuki. 

 

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Autres 

 

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Eri dome en métal l Eri dome placé sur les cols l Eri dome pour date eri l Utilisation des eri dome pour date eri l Eri dome masculin l Utilisation de l'eri dome masculin

Eri dome

L'eri dome est un nom générique pour l'ensemble des pinces et épingles dont l'utilisation est liée au col du kimono (même nom mais objets et utilisations différents).

Le premier type d'eri dome est utilisé lors de l'habillage pour maintenir les cols du juban et du kimono ensemble (ces derniers peuvent bouger et se déplacer lors de la mise en place du kimono). Il se présente sous deux formes : une grande pince ou trois petites pinces réparties sur le col derrière la nuque. En plastique ou en métal, elles possèdent des coussinets à l'intérieur pour ne pas abîmer les tissus des cols.

Le second type d'eri dome est une épingle à trois dents qui va permettre au date eri de rester en place lors du port. Ces épingles sont toujours au nombre de trois et vendues avec les date eri (plus rarement seules). Le date eri est un faux col qui se place à l'intérieur du col du kimono et dépasse légèrement pour le souligner.

Le troisième type est un eri dome masculin en forme de "S" (même s'il peut aussi être utilisé par les femmes, ce qui est plus rare). Ce dernier se glisse dans le col extérieur côté droit où l'ourlet n'est pas cousu (prévu à cet effet) et va s'accrocher dans le col intérieur côté gauche. Ce petit objet permet de garder les pans du kimono fermés (l'obi masculin est plus bas et maintient donc moins bien les pans du kimono qui peuvent bâiller avec les mouvements du corps). Il se met à la fois sur le juban et sur le kimono et peut être remplacé par une épingle à nourrice.

 

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Chikara nuno avec trois passants différents l Chikara nuno élastique l Col idéal l Col formel pour femme non mariée (furisode) l Col masculin

Chikara nuno

Le chikara nuno est une bande de tissu cousue dans le dos à la base du col et qui possède plusieurs passants dans lesquels un koshi himo est passé puis noué autour de la taille. Cet accessoire permet de donner une belle forme au col et de régler son ouverture dans la nuque selon le passant choisit (plus votre passant est haut dans le dos, plus votre col sera ouvert). Une variante existe sous forme de triangle élastique qui se coud sur le juban avec un passant pour le koshi himo. A savoir qu'un eri sugata possède un chikara nuno qui constitue sa principale utilisation car tous les juban n'ont pas de chikara nuno.

Info + : l'ouverture du col idéale se situe aux alentours de quatre centimètres pour une femme mais elle dépend surtout de sa situation maritale (non mariée : forme en "V", mariée : forme en "U") et de l'occasion (les kimonos les plus formels auront une ouverture plus prononcée pour les femmes non mariées alors que les yukata devront avoir un col discret qui s'approche de celui des hommes et des enfants).

 

Pour finir...

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Komono de deuil l Komono basique

Le komono de couleur noire est associé au mofuku (kimono de deuil), c'est pour cette raison qu'il est à éviter si vous ne vous trouvez pas dans cette situation (à l'exception du komono masculin qui possède fréquemment des couleurs sombres). En revanche, vous pouvez utiliser le komono avec d'autres couleurs et motifs sans précaution particulière. Certaines boutiques vendent des sets complets de komono avec une trousse ou une boîte de rangement. Si ces derniers peuvent paraître onéreux, c'est pourtant un bon moyen d'économiser et de constituer aisément son komono.

 

 

Merci de ne pas prendre ce texte sans mon consentement, celui-ci m'appartient.

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